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mercredi 28 septembre 2016

Enfants de nazis

Un livre lu cet été et dont je voulais vous parler :

enfants de nazis

Doit-on se sentir responsable, voire coupable, des faits commis par
ses parents ? Dénégation, refoulement, adhésion ou culpabilité, tous
les enfants de nazis ont dû, après la guerre, consciemment ou non,
choisir leur voie pour faire face à leur passé.

On oublie souvent que les bourreaux nazis étaient des pères
de famille et souvent des pères aimants et attentionnés.

Dans ce document, Tania CRASNIANSKI a choisi de nous parler
de huit familles allemandes célèbres (les Himmler, Hess, Göring, Bormann,
Mengele...). Elle analyse méticuleusement les rapports père-enfants
puis les réactions de ces mêmes enfants après la guerre.

Voici quelques exemples parmi les plus frappants.

Gudrun Himmler. Elle suit l'ascension de son papa avec admiration.
Son père l'emmenait
parfois avec lui en inspection, notamment à Dachau.
Gudrun adore ce père aimant qui fut lui-même convaincu, jusqu'au bout
d'avoir été quelqu'un de « moral ». Elle a été incapable de faire la part
des choses entre son amour filial et le monstre SS fanatique,
l'exterminateur des Juifs d'Europe.
Toute sa vie, elle n'a cessé de rendre hommage à la mémoire de son père.

Edda Göring. Pour célébrer cette naissance, Hermann Göring fait survoler
Berlin par 500 avions de la Luftwaffe, dont il assure le commandement.
La « petite princesse » est adorée de son père qui, progressivement,
se détache de la vie politique pour se consacrer à sa fille.
Comme dans la famille Himmler, c'est la petite-nièce de Göring
et son frère qui rejètent ce lourd passé.
À 30 ans, tous les deux choisissent de se faire stériliser
afin de ne pas engendrer un autre monstre.

Wolf R. Hess. Wolf n'a pratiquement pas connu son père (il avait 3 ans quand ce
  dernier s'envole secrètement pour l'Angleterre afin de signer une « paix séparée »).
Rudolf Hess restera incarcéré en Angleterre jusqu'en 1945. Il refusera
pendant 24 ans que sa famille lui rende visite.
Wolf a 31 ans quand il revoit son père. Il lui consacre trois livres.
Fier de son père, il considère que son nom n'a jamais été une malédiction
pour lui, bien au contraire.

Comme Gudrun Himmler et Edda Göring, Wolf Hess est de ceux qui ont consacré
leur vie à la défense de leur père, érigé au rang de martyr.

En lisant ce livre, vous apprendrez également l'histoire de Martin Adolf Bormann Jr
(l'aîné des 10 enfants du secrétaire zélé d'Hitler), celle des enfants Höss (leur père
était le commandant d'Auschwitz), celle des enfants Speer (l'architecte du diable).

Rolf Mengele. Il était le fils unique de « l'ange de la mort », Josef Mengele.
Dans sa tendre enfance, son père était trop occupé à commettre les
pires atrocités, dans sa jeunesse, à fuir les Alliés et les chasseurs de nazis.
À ce fils, il n'a consacré que peu de temps, seules des lettres ont permis
de maintenir un semblant de lien.En 1977, Rolf se rend anonymement
à Sâo Paulo pour rencontrer ce géniteur qu'il n'a aperçu
qu'à deux occasions dans sa vie. Il a alors 33 ans.

Rolf est partagé entre un sentiment d'amour filial et un irrépressible
rejet pour cet homme inhumain. Mais jamais il ne donnera la moindre
information permettant l'arrestation de son père.

Criminel de guerre pour l'immense majorité de l'humanité,Josef reste
aux yeux du clan Mengele un honorable et brillant médecin.

Rolf choisit de changer de nom pour le bien de ses enfants.
Dans les années 1980, il adopte le nom de sa femme
et devient avocat à Munich.

Pendant la guerre, ils étaient des enfants de héros. Après la guerre,
ils sont devenus des enfants de bourreaux. Certains ont choisi de
minimiser l'implication volontaire de leur père dans les horreurs du
nazisme. D'autres ont opté pour un rejet violent. Tous ont dû faire
face à la réaction de la société lors de l'évocation de leur nom.

Je vous laisse découvrir ce livre que j'ai trouvé très intéressant.
Tania  CRASNIANSKI est avocate et c'est son premier livre.

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Posté par Moutie à 07:27 - Lecture - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    Bonjour très intéressant votre courrier,ce matin

    Posté par Isa, mercredi 28 septembre 2016 à 07:39
  • Je vais essayer de trouver ce livre en bibliothèque

    Posté par michele, mercredi 28 septembre 2016 à 08:03
  • Effectivement, ça semble très intéressant. Je note ça dans ma (longue) liste de livres à lire. Les Allemands en général, enfants ou pas de nazis, ont eu cette lourde responsabilité sur les épaules très longtemps. Ma prof d'allemand était une jeune allemande qui avait épousé un Français. C'était déjà la troisième génération... et bien dans le village où elle habitait avec son mari près de Nantes, on l'appelait "la boche" et elle nous disait qu'elle faisait encore des cauchemars où son grand-père s'avérait être un nazi (ce qu'il n'était pas)... On était dans les années 80... 40 ans après la guerre, les enfants et les petits-enfants souffraient toujours, même s'ils n'avaient strictement rien fait.

    Posté par ChonchonAelezig, mercredi 28 septembre 2016 à 10:38
  • Je l'ai achevé hier. Maintenant, je laisse décanter, mais je suis sûre de le relire dans un an ou deux pour un regard différent. Merci de l'avoir partagé car sans vous, je serais passée à côté. Il m'a fait ressortir de la bibliothèque Le Nazi et le Psychiâtre, de Jack El Hai, que je recommande.

    Posté par flore-et-berthe, lundi 17 octobre 2016 à 18:12

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