Carton et chiffons

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jeudi 29 décembre 2016

Giverny en hiver

Claude Monet s'est installé dans le village de Giverny, à 75 km de Paris,
en 1883. Il louait là une maison et un verger, le futur Clos normand.
Plus tard, il a acheté la maison et quelques terrains alentour et
n'a eu de cesse d'y bâtir un royaume dont il gouvernera
despotiquement la nature pour servir son art.
Jusqu'à la fin de sa vie, en 1926, Monet peindra inlassablement
les fleurs de son jardin et les nymphéas de son étang.

Les jardins de Giverny voient défiler chaque année des milliers de visiteurs.
Des Japonais, Russes, Australiens n'hésitent pas à traverser
la planète pour flâner quelques heures seulement dans Giverny.
Le vieil homme aurait-il aimé que la foule se précipite ainsi sur ses terres
et piétine les plates-bandes qu'il avait amoureusement composées ? Pas sûr !

Certains ne viennent qu'une seule fois pour rendre hommage à un peintre
devenu une légende. D'autres y reviennent au gré des saisons, de la lumière.

En hiver, Giverny est un paisible village normand comme beaucoup d'autres.
Le village hiberne et les 500 habitants y vivent tranquillement jusqu'à la fin mars.

Monet veille sur un parking désert :

Monet

Parking Giverny

Il y a bien longtemps que la petite gare n'accueille plus de voyageurs
car il n'y a plus de trains :

Gare Giverny

Une balade dans le village ne manque pourtant pas d'intérêt. Certes, il faut
un peu d'imagination pour remonter le temps.

C'est en 1887 exactement que l'on vit arriver à Giverny les premiers peintres
américains. Les habitants de ce village n'étaient absolument pas préparés à la
venue de tous ces jeunes artistes qui arrivèrent en masse dès que la nouvelle
de la présence de Claude Monet se fût répandue. Le village ne possédait que
quelques cafés et rien ne le destinait à devenir un lieu d'attraction artistique.

Toutefois, quelques habitants tirèrent profit de ce manque total d'équipement
pour recevoir les artistes en créant de lucratifs commerces.
L'hôtel Baudy en est certainement le meilleur exemple : les époux Baudy
 surent transformer leur modeste épicerie-buvette en un centre international
de séjour et de loisir. Des chambres et des ateliers furent aménagés.
 On y dansait le soir en buvant du whisky. Angélina avait appris à faire du thé
 et improvisait de nouvelles recettes de cuisine pour plaire à ses hôtes.

L'hôtel Baudy actuel a conservé son aspect d'autrefois :

Hôtel Baudy

Le premier client de l'hôtel Baudy fut le peintre américain Theodore Robinson.

On lui doit, entre autres, le portrait de Madame Baudy :

Madame Baudy Th

Mary et Frederick Mac Monnies s'installèrent dans un ancien monastère que l'on
surnommait le « MacMonastery » (aujourd'hui Le Moutier). C'était une des plus
belles propriétés de Giverny dont le jardin rivalisait, dit-on, avec celui de Monet :

Le Moutier

Quant au peintre Stanton Young, il choisit, lui, un ancien moulin :

Moulin Chenevières

La maison rose a vu passer bien des peintres :

Maison rose Giverny

Après 1909,la maison est transformée en hôtel-pension de famille
où paraissent écrivains, acteurs, artistes venus de Paris
comme la célèbre danseuse Isadora Duncan.

Et la fameuse maison de Claude Monet me direz-vous ?

La voici côté rue :

Maison Claude Monet rue

Comme vous pouvez le constater, la rue est déserte, aucun touriste devant
la porte d'entrée car la maison et les jardins sont fermés.

La propriété est entourée de hauts murs. Seules quelques trous
dans une haie permettent de risquer un œil indiscret :

Maison Monet jardins1

Maison Monet jardins2

Le vert des volets et des escaliers a été choisi par Monet
en harmonie avec le crépi rose des murs.

En 1890 Monet fit creuser un étang pour y planter les fameux nymphéas.
Pour le remplir, il a fallu détourner un bras de l'Epte, la petite rivière
toute proche. Qu'importe, à cœur vaillant rien d'impossible !

Comme M. Moutie a de longs bras, il a réussi à prendre quelques photos par-dessus
  la clôture. Les grands arbres dressés vers le ciel se reflètent dans l'eau :

Étang Monet2

Les petits ponts de bois dans le style japonais apparaîtront
de nombreuses fois sur les toiles du maître :

Étang Monet1

À la belle saison, une glycine recouvrira celui-ci :

Étang Monet 3

Et l'été prochain, des nymphéas de toutes les couleurs s'épanouiront sur l'étang.
Mais ça, c'est une autre histoire...

Petite anectote :
Claude Monet a une tendre affection pour ses fleurs; tellement que, ne supportant
plus que la poussière du chemin d'en bas, levée par le passage des automobiles,
ternisse l'éclat de ses fleurs, il propose au conseil municipal le 21 avril 1907
une participation de 1 200 francs pour le goudronnage des chemins d'en bas
et d'en haut. La dépense totale s'élève à 2 800 francs.

Pour terminer notre balade, poussons jusqu'à l'église du village :

Eglise Giverny
Église Sainte-Radegonde, Giverny.

Monet repose dans le petit cimetière, au pied de l'église :

Tombe Monet Giverny

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Posté par Moutie à 07:19 - Promenades, découvertes - Commentaires [18] - Permalien [#]
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Commentaires

    Bonjour très belle balade avec vous ,merci

    Posté par Isa, jeudi 29 décembre 2016 à 07:42
  • Merci pour cette jolie balade à Giverny. Je viens de finir le livre de Michel Bussy Nymphéas noirs qui se passe à Giverny et ta balade me rappelle cette lecture. Belle fin de semaine

    Posté par christine, jeudi 29 décembre 2016 à 08:41
    • Moi aussi j'ai lu les Nymphéas noirs. L'auteur est venu à Giverny et
      s'est très bien documenté sur les lieux et sur le passé du village mais
      l'intrigue du roman ne m'a pas vraiment emballée. Qu'en penses-tu,
      j'aimerais bien connaitre ton avis ?

      Posté par Moutie, jeudi 29 décembre 2016 à 09:54
  • quelle belle promenade matinale.?
    merci pour le partage.

    Posté par trotti, jeudi 29 décembre 2016 à 09:09
  • Merci pour ce beau reportage!

    Posté par Noëlle, jeudi 29 décembre 2016 à 09:42
  • merci pour cette belle visite.

    Posté par domino34, jeudi 29 décembre 2016 à 09:58
  • Pour te répondre, j'ai trouvé au départ que la mise en place des personnages était un peu trop longue et que l'histoire entre le flic et l'instit s'apparentait à un roman de gare, j'ai failli arrêter la lecture. Par contre j'ai bien aimé la fin. Tout se mettait en place et là on comprenait mieux. C'est le premier Michel Bussi que je lis, je ne sais pas comment sont les autres. A priori il a pas mal de succès. Bonne journée

    Posté par christine, jeudi 29 décembre 2016 à 11:25
    • Je suis d'accord avec toi Christine : cette romance entre le flic et
      l'institutrice est ridicule, c'est pour midinette !!!
      Effectivement tout s'éclaire à la fin mais entre temps, j'ai pas mal
      ramé pour essayer de comprendre...
      Je n'avais rien lu auparavant de Michel Bussi mais je crois que je vais
      en rester là. Bonne journée également.

      Posté par Moutie, jeudi 29 décembre 2016 à 14:01
  • information Giberny

    Bonjour, je vous lis régulièrement avec plaisir, aujourd'hui je saute le pas pour vous laisser une commentaire car le sujet ne m'est pas indifférent, j'avoue une passion pour Giverny et Claude Monet. Connaissez-vous le blog d'une guide qui travaille chez Claude Monet ? Ariane partage des informations intéressantes :
    http://givernews.com/
    A bientôt de vous lire.

    Posté par Kristine, jeudi 29 décembre 2016 à 13:20
    • Merci Kristine pour votre commentaire. Je ne connaissais pas le blog
      d'Ariane. Effectivement, il me semble fort intéressant quand on connait
      un peu Monet et Giverny.
      Je l'ai parcouru rapidement mais je vais y retourner pour le lire plus
      sérieusement. Ariane est en effet fort bien placée pour nous montrer des
      photos des jardins de Monet. Quelle chance de pouvoir travailler dans un
      cadre aussi magnifique ! À bientôt Kristine et surtout n'hésitez pas à
      vous manifester. Amicalement.

      Posté par Moutie, jeudi 29 décembre 2016 à 13:52
  • Jolie balade en ta compagnie Merci à Monsieur pour les photos

    Posté par Lotus, jeudi 29 décembre 2016 à 20:28
  • J'ai beaucoup aimé "Nymphéas Noirs" même si effectivement l'histoire est peu crédible et bien gentillette ... (mais c'est un peu la marque de fabrique de l'auteur ...) Je dirais que c'est sans doute le meilleur roman de Bussi que j'ai lu, avec "Un avion sans elle". (ne répète pas ça à Fille Ainée, elle le déteste !)
    Merci pour ce beau reportage, je vous imagine en paparazzis du dimanche à Giverny et je ris bien ...

    Posté par Nadine, vendredi 30 décembre 2016 à 09:26
    • Effectivement Nadine tu peux rire. Heureusement, il n'y avait pas grand
      monde pour nous voir. Si M. Moutie était plus costaud il m'aurait fait
      la courte-échelle (ou si j'étais moins rondelette...)

      Posté par Moutie, vendredi 30 décembre 2016 à 13:35
  • j'ai beaucoup apprécié ton reportage, d'autant que je viens de finir " les Nymphéas Noirs " de Michel Mussi où l'intrigue se passe à Giverny, livre que je te recommande

    Posté par micky, vendredi 30 décembre 2016 à 12:10
    • Coucou Micky,
      C'est Michel Bussi l'auteur des Nymphéas noirs. Tu confonds peut-être
      avec Musso. Pas grave, l'essentiel est de prendre plaisir à lire. Bonne
      journée !

      Posté par Moutie, vendredi 30 décembre 2016 à 13:42
  • mais c'est bien sûr !!!!!!!!!!!! erreur d'écriture et qui n'enlève rien à l'attrait du livre

    Posté par micky, vendredi 30 décembre 2016 à 19:03
  • Eh ben, Moutie, quel reportage ! Belles photos prises au péril de la vie de mon papa !

    Posté par Cadette, dimanche 1 janvier 2017 à 18:46
  • Très bel article

    Bonjour.
    Très bel article en effet. Je me suis rendu à Giverny mardi dernier 9 mai 2017. L'hiver est loin à présent et les fleurs ont repoussées.

    Posté par Didier Simonnet, jeudi 11 mai 2017 à 09:52

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