La femme de l'Allemand
La femme de l'Allemand de Marie SIZUN :
Marion vit seule avec sa mère dans le Paris d'après-guerre. De son père,
elle ne sait rien ou presque rien, alors elle l'idéalise.
« L'Allemand, c'était ton père ; tu ne lui connaîtras pas d'autre nom. »
L'enfant admire sa mère mais elle se rend bien compte qu'elle n'est pas
comme les autres mères, « elle fait tout trop haut, fait tout trop fort ». Fanny
est maniaco-dépressive. C'est trop dur pour une petite fille de subir les crises de
folie de sa mère, de ne pouvoir se confier à personne. Il y a bien Henri et Maud D.
ses grands-parents qu'elle voit, seule, le dimanche, mais ils n'ont pas pardonné la
trahison de leur fille. Heureusement, il y a la tante Élisa qui essaie d'expliquer la
maladie de Fanny. Mais Marion se sent coupable : « Fanny est à l'hôpital des fous.
Fanny est folle... Et si elle est là-bas, c'est que tu n'as pas su la garder. »
Marion grandit. Elle devient une bonne élève. Pour elle, le lycée est un refuge,
un havre de paix loin des excès de sa mère, loin de la peur. Comment faire
pour protéger sa mère ? Partagée entre l'amour, la haine, le dégoût,
le remords, elle ne pense qu'à fuir.
J'ai beaucoup aimé ce roman. Le style de Marie SIZUN est concis,
le ton est juste et c'est très émouvant. Je vous le recommande vivement.
